
Ange Bleu
Ange Bleu
Ange Bleu
Ange BleuL’image, le son, l’abstraction et leurs effets sur le spectateur doivent s’ordonner selon un rythme interne,une orchestration qui, quoiqu’elle s’évanouisse avec le film, subsiste comme une résonance.
C’est cet au-delà du son, cette résonance immatérielle, cette sorte de vibration qui se
prolonge, que je recherche.
J. von Sternberg
Ce projet de l’artiste rend hommage à “Der Blaue Engel” (1930), film du réalisateur allemand Josef von Sternberg qui marque les débuts du cinéma parlant et consacre Marlène Dietrich dans le rôle de Lola, chanteuse de cabaret venue bouleverser l’existence routinière d’un professeur dans l’Allemagne provinciale des années 20.
Selon la technique du floutage employée dans le traitement de l’image, Jean Bedez remet en question la valeur de la représentation. Le visage voilé, les personnages perdent ici leur identité pour apparaître comme autant d’images fantomatiques. Déroutant la mémoire du spectateur, l’attention se fixe alors sur le son et les dialogues qui portent la force émotionnelle de ce drame. Incidemment, le flou révèle l’objet du regard. De la plastique sulfureuse de Marlène Dietrich aux postures maîtrisées d’Emil Jannings. Par-delà l’expressivité des corps, fracture d’une réalité tronquée, le flou des visages devient halo magnifiant.
Dans une relecture de l’histoire du cinéma, “L’ange bleu” (2006) est la première pièce d’une collection qui se constitue pour l’artiste telle une histoire personnelle développée autour de grands classiques. Plus encore qu’un dispositif technique ou formel inhérent au traitement de l’image, on y retrouve cette volonté de l’artiste de donner un sens iconique au flou. Celle-là même qui caractérise d’autres projets de Jean Bedez comme sa série de dessins, “Collection : Leaders” (2007.
Ange Bleu Video 106 min